"Ce qui est dur, ce n'est pas d'être le premier, mais de le rester" Ayrton Senna

Les voitures électriques seront obligées de faire du bruit dès 2019


Dès la mi-2019, les voitures électriques devront faire du bruit. Des haut-parleurs externes devront être installés sur ce type de véhicules d'habitude silencieux. Ce son est important pour les malvoyants.

Les voitures électriques devront faire du bruit sur les routes helvétiques dès la mi-2019, rapporte la NZZ am Sonntag. La Suisse a repris la législation européenne.

Un système acoustique, générant des bruits de moteur par des haut-parleurs externes étanches à l'eau, doit être installé, a indiqué Thomas Rohrbach, porte-parole de l'Office fédéral des routes (OFROU), confirmant à Keystone-ATS l'information du journal alémanique. Cela s'appliquera aux nouveaux modèles.

Cela vaudra aussi pour les nouveaux véhicules à pile à combustible et aux voitures hybrides. A partir de 2021, les modèles fonctionnant avec l'ancienne technologie devront aussi être tous être vendus avec ce nouvel équipement ("Acoustic Vehicle Alerting System"). En revanche, les voitures électriques déjà en circulation ne devront pas être adaptées.

Le son émis par les haut-parleurs est cependant nettement plus faible que le bruit engendré par les moteurs à benzine ou diesel. Cette mesure ne constitue donc pas une nouvelle brèche dans la problématique du bruit, selon le porte-parole de l'OFROU.

Aider les malvoyants

Ce système acoustique est très important pour les aveugles et malvoyants. Les modes de transport silencieux représentent en effet un grand danger pour cette catégorie de personnes, selon Alfred Rickli, porte-parole de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants.

La fédération veut cependant que la Suisse aille plus loin que les exigences de l'Union européenne (UE), notamment en obligeant les voitures à l'arrêt à faire du bruit. Les vélos électriques rapides devraient aussi être astreints à la nouvelle directive européenne. Sur les 4,5 millions de voitures répertoriées à la fin 2017 en Suisse, seules 15'000 d'entre elles étaient électriques et 67'000 hybrides.

L'OFROU relève que 98,5% des véhicules qui sont mises sur le marché en Suisse correspondent aux normes de l'UE. Faire cavalier seul s'avérerait relativement difficile à appliquer. Des accords devraient être résiliés.

ATS

La première automobile au monde fonctionne toujours


La fameuse Marquise entièrement restaurée et exposée lors d’une vente aux enchères


Près d’un an avant que Gottlieb Daimler ne commence à travailler sur sa moto pourvue d’un moteur à explosion et que Carl Benz ne soit vu au volant de son trois-roues utilisant un moteur à combustion, le Comte de Dion paradait dans les rues de Paris aux commandes de la Marquise, son quadricycle à vapeur et l’une des premières automobiles au monde. Voici son incroyable histoire.

Bien avant que le moteur à combustion ne soit testé avec succès, l’électricité et la vapeur semblaient constituer les meilleures alternatives pour motoriser un véhicule. Preuve en était le Fardier de Nicolas-Joseph Cugnot, premier véhicule automobile de l’histoire mis en service en 1770 et fonctionnant à la vapeur. Au cours du siècle suivant, de nombreux véhicules utilisant ce mode de propulsion ont été développés, mais La Marquise de De Dion mise en service en 1884 a été l’un des premiers à présenter des caractéristiques modernes : elle était dotée de quatre roues, accueillait quatre personnes et pouvait être conduite par un seul homme.

Tout commence en décembre 1881, lorsque le comte Jules-Albert De Dion met la main sur la reproduction miniature d’une locomotive à vapeur fonctionnelle, mise au point par Charles Armand Trépardoux et Georges Bouton, qui travaillent à l’époque comme fabricants de jouets. Intrigué par leurs réalisations, le riche De Dion les incite à mettre au point un véhicule grandeur-nature dès 1882, et les rémunère à hauteur de 10 francs par jour, une fortune à l’époque. Le développement de leur chaudière pour véhicule léger prend de longs mois, et il faut attendre 1883 pour que le tricycle De Dion ne soit testé avec succès, suivi par un quadricycle en 1884. La fameuse De Dion Bouton La Marquise est née.

La Marquise photographiée lors de sa première sortie en 1884


Si la première quatre-roues de l’histoire possédait une transmission par courroie et une direction arrière, La Marquise de 1884 contourne ces problèmes avec deux roues motrices à l’avant, pourvues d’un diamètre plus important que les roues arrières, et un moteur bicylindre à vapeur qui permet au véhicule d’avancer. La chaudière peut être alimentée par du charbon, du bois, voire du papier, mais le propriétaire du véhicule doit attendre près de 30 minutes après son allumage avant de pouvoir se déplacer. Durée nécessaire à la chaudière pour atteindre sa température de fonctionnement. Une fois celle-ci atteinte, la De Dion Bouton La Marquise, qui mesure 2,7 mètres de long et pèse près de 952 kilos, peut enfin brûler l’asphalte.

Dès 1887, le Comte De Dion l’inscrit à la Paris-Versailles, considérée par de nombreux experts comme le premier événement sportif automobile de l’histoire, bien que George Bouton ait été le seul et unique pilote y ayant participé. La voiture boucle les 30 kilomètres du parcours à une vitesse moyenne de 30 km/h, un véritable exploit pour l’époque, réalisé entre le Pont de Neuilly et la Porte de Versailles. Sept ans plus tard, le Comte De Dion et sa monture entreront un peu plus dans l’histoire automobile en remportant le deuxième prix de la première compétition automobile, courue entre Paris et Rouen le 22 juillet 1894.

Le Comte de Dion (à gauche) participant à la course Paris-Rouen en 1894


Mais revenons en 1886. A cette époque, la compagnie De Dion-Bouton est en plein essor et produit près de 30 tricycles et des quadricycles à vapeur chaque année. Les roues métalliques sont désormais bandées de caoutchouc, et le châssis réalisé à partir de tubes en acier, une solution qui sera conservée par la compagnie durant de nombreuses années. Il s’agit d’une époque cruciale pour l’automobile, un véritable tournant qui voit l’émergence du moteur à combustion qui va reléguer la vapeur au second plan. De Dion-Bouton se tourne finalement vers les moteurs à essence au milieu des années 1890, ce qui va permettre à l’entreprise de devenir le principal fabriquant automobile en Europe au début du 20e siècle.

Bien que le moteur à vapeur ait toujours ses adeptes à l’aube de ce nouveau siècle, il est complètement supplanté par le moteur à combustion au fil des années, avant de disparaître complètement du paysage vers 1920. Si la fameuse Marquise fonctionne encore, elle est vendue à Henri Doriol en 1906, et dépouillée de ses parties composées en cuivre et en laiton pour participer à l’effort de guerre durant la Première Guerre mondiale. Elle restera la propriété de la famille Doriol durant huit décennies, et il faudra finalement attendre la fin des années 1980 pour que le prototype fonctionne à nouveau.

C’est un certain Tim Moore qui va lui offrir une seconde vie. Pour remettre le véhicule en état, cet anglais passionné se base sur un modèle de la compagnie datant de 1890, conservé dans un musée automobile en France. Cela lui permet de fabriquer lui-même les pièces nécessaires à son fonctionnement, et de remplacer ses antiques roues en bois par des pneus en caoutchouc. D’autres pièces usées sont aussi remises à neuf, et le miracle se produit : la De Dion La Marquise fonctionne de nouveau, plus d’un siècle après ses premiers tours de roue.

La Marquise devient officiellement la doyenne des véhicules automobiles produits avant 1905 toujours en fonctionnement. Au volant de l’engin, Moore s’adjuge quatre courses de voitures anciennes de Londres à Brighton, et fait aussi parler de lui à Pebble Beach. Le prix de ce prototype mythique, acheté incomplet en 1987 pour la somme de 90.000 dollars, a depuis connu une incroyable hausse, et son cinquième propriétaire a dû débourser l’incroyable somme de 4.62 millions de dollars pour se l’offrir, lors d’une vente aux enchères à Hershey, en Pennsylvanie.

Si l’homme a longtemps cherché un moyen de transport qui lui permettrait de s’affranchir de la force animale pour se déplacer sans effort, en travaillant sur différents véhicules dès la fin du 18e siècle, c’est bien La Marquise de De Dion et Bouton qui a véritablement révolutionné le monde de l’automobile et contribué à l’essor de son industrie dès le début des années 1890.

Yann Contegat

Gare aux incendies de voitures!


Les incendies de voiture arrivent fréquemment en Suisse. Mais heureusement, 
les occupants arrivent souvent à s'extraire du véhicule en feu. (Photo: Keystone)



Qui n'a pas entendu un jour la radio annoncer des bouchons sur la route suite à une voiture en feu? En effet, les incendies de véhicules ne sont pas rares en Suisse. Ils sont même courants. Ainsi l'assureur Allianz Suisse a annoncé jeudi qu'il enregistrait chaque année près de 400 déclarations concernant des véhicules endommagés par un incendie ou un dégagement de fumée. Soit plus d'un incident par jour, rien que pour cet assureur.

Des fuites d'huile ou de carburant

«Ce chiffre est stable depuis plusieurs années», explique le porte-parole Bernd de Wall. S'il n'existe pas de statistique officielle sur le nombre global de cas dans notre pays, il estime entre 2000 et 3000 le nombre de sinistres de ce type par année en Suisse, tous véhicules moteur confondus. «Mais ce n'est pas énorme si on compare ce chiffre au nombre de voitures immatriculées (ndlr: 6,1 millions en 2017) dans notre pays», prévient-il.

Les principales causes d'incendie sont les fuites d'huile ou de carburant, indique Allianz. «Les projections d'huile ou d'essence dues à des durites endommagées ou des joints défectueux sur les pièces chaudes du moteur peuvent vite provoquer un embrasement», précise-t-il.

Un court-circuit dans les câbles électriques est aussi l'une des causes régulières d'un départ de feu. Coût moyen d'un sinistre: 5000 francs. Mais le prix peut grimper très vite si la voiture est un modèle de luxe. «Le cas le plus cher que nous avons enregistré nous a coûté 600'000 francs», souligne Bernd de Wall.

Pas de différence selon le mode de propulsion

Y a-t-il des différences selon que l'on roule avec une voiture à essence, une hybride ou une toute électrique? Selon Allianz, le mode de propulsion ne joue aucun rôle. Pourtant, les voitures électriques sont la hantise des pompiers. Ainsi, lors d'un choc, les batteries risquent de s'enflammer spontanément.

«L'incendie qui s'ensuit atteint des températures telles qu'il est pratiquement impossible de l'éteindre», avait mis en garde Urs Bächtold, directeur de la Fédération suisse des sapeurs-pompiers, dans la Tribune de Genève en mai dernier.

Pas de quoi paniquer pour autant, même si les incendies de voiture sont spectaculaires. «Il n'y a que dans les films américains que les voitures explosent au bout de quelques secondes. En réalité, un incendie parti du compartiment moteur a besoin de plus de cinq minutes pour gagner l'habitacle», relativise Markus Deplazes, responsable Sinistres d'Allianz Suisse. Du coup, il y a largement le temps de sortir du véhicule pour se mettre à l'abri.

Comment réagir?

Et que faire en cas d'incendie? Il faut bien sûr s'arrêter aussi vite que possible sur la bande d'arrêt d'urgence ou sur le bord de la route, allumer les feux de détresse et couper le moteur. Ensuite, il s'agit de mettre à l'abri les occupants de la voiture et de s'éloigner rapidement de cette dernière. Puis appeler les pompiers et tenter d'éteindre l'incendie avec un extincteur.

A noter que plus le véhicule est ancien, plus le risque d'incendie est élevé. «Avec le temps, les durites peuvent s'abîmer et devenir poreuses, et les câbles s'usent. Sans parler des dégâts que peuvent causer les morsures de martres.» Du coup, mieux vaut entretenir régulièrement sa voiture si elle est âgée afin de se prémunir au mieux du feu.

Voiture de police percutée par une Tesla en Autopilot


Tesla et la fiabilité; c'est pas encore gagné

Une Tesla qui roulait en mode semi-autonome sur une route américaine a percuté mardi une voiture de police en stationnement, un accident sans gravité mais qui intervient alors que le logiciel «Autopilot» fait déjà l'objet d'une enquête.

«L'agent (de police) n'était pas dans le véhicule et le conducteur de la Tesla n'a subi que de légères blessures», a indiqué la police de Laguna Beach, située au sud de Los Angeles (ouest), sur son compte Twitter, qui montre aussi des photos des véhicules accidentés. La berline roulait «en Autopilot », un logiciel que Tesla prend soin de présenter comme un système d'aide à la conduite et non de conduite autonome.

Interrogé, le constructeur de voitures électriques haut-de-gamme a indiqué que «lorsque les conducteurs utilisent Autopilot, (le système) leur rappelle en permanence qu'il est de leur responsabilité de laisser leurs mains sur le volant et de garder le contrôle du véhicule à tout moment».

Tesla a aussi assuré avoir toujours dit que son logiciel ne rendait pas ses voitures invulnérables et rappelé qu'Autopilot est prévu pour fonctionner sur autoroute avec séparation centrale.

Battage médiatique

Bien que Tesla soit un petit constructeur, qui ne produit qu'environ 100'000 voitures par an, la renommée de ses voitures électriques et le caractère médiatique de son patron Elon Musk, lui font régulièrement faire les gros titres, notamment à l'occasion d'accidents.

Mi-mai, une collision impliquant une Tesla (mais sans qu'on sache si «Autopilot» était activé) dans l'Utah avait fait réagir M. Musk, qui s'est plaint de l'attention disproportionnée des médias.

Un autre accident, impliquant une Tesla avec «Autopilot» activé, qui a fait un mort en Californie en mars, fait l'objet d'une enquête du régulateur des transports américain (NTSB) et a suscité des échanges particulièrement vifs entre M. Musk et le NTSB, qui ont abouti à ce que Tesla décide ne plus participer à l'enquête.

Le NTSB a aussi ouvert une enquête sur un autre accident impliquant une Tesla qui a fait deux morts en Floride (sud-est). Mais elle porte sur l'embrasement de la batterie du véhicule et non sur le logiciel d'assistance à la conduite.

Surchauffe des batteries également

Les causes de l'incendie d'une Tesla au mois de mai 2018 au Tessin suscitent la controverse. Selon un message des pompiers de Bellinzone sur Facebook, un problème de batterie pourrait être en cause. Le constructeur américain appelle à la prudence. L'enquête en cours n'a pas encore livré ses résultats.

L'automobiliste allemand de 48 ans a, pour une raison inconnue, percuté la glissière centrale de l'autoroute A2, près du tunnel du Monte Ceneri (TI). Son véhicule s'est alors renversé et a pris feu. Pris au piège, le conducteur a péri sur les lieux de l'accident.

Le violent choc contre la batterie lithium-ion pourrait avoir provoqué un «emballement thermique», a écrit sur le réseau social le service d'incendie de Bellinzone. Ce phénomène consiste en une hausse soudaine et irrémédiable de la température de la batterie. Le service du feu a entretemps supprimé son message sur Facebook.

La police tessinoise a précisé à l'ats que rien ne permet pour l'heure d'étayer cette hypothèse. Le résultat de l'enquête sera rendu public, a-t-elle ajouté.

AFP