L'autoroute pour les nuls


Au vu de ce que l’on observe tous les jours, un petit rappel des bases semble indiqué


Rouler sur l’autoroute? Ce devrait être un moyen rapide de traverser la Suisse. D’aller du point A au point B en mettant moins de temps qu’en passant par les routes nationales.

Or ça ne fonctionne pas. Bouchons, ralentissements: les embûches qui attendent les conducteurs ralentissent le flux, agacent les usagers et, accessoirement, coûtent des millions à l’économie en temps perdu et en retards de livraisons.

On peut râler, incriminer le trafic trop dense, les deux voies insuffisantes, les nombreux chantiers… N’empêche: il faut l’admettre, le principal problème des autoroutes, c’est nous! Et par nous, j’entends une part non négligeable des conducteurs qui, par ignorance, omission, égocentrisme ou simplement bêtise, péjorent le trafic et finit par entraîner la formation de bouchons.

En début de semaine, l’Office fédéral des routes (Ofrou) a annoncé vouloir tester l’utilisation de feux rouges, à l’entrée, pour «filtrer» le trafic entrant. Une bonne idée, même si les résultats observés dans les grandes mégapoles laissent songeurs.

FAIRE PREUVE D’ALTRUISME

Reste que, puisqu’il est impossible d’augmenter la capacité du réseau, le seul moyen est effectivement de jouer avec le «robinet» de la densité de trafic. Et les seuls qui peuvent changer quelque chose là, maintenant, tout de suite, ce sont les automobilistes.

De fait, au vu de ce que l’on observe tous les jours, un petit rappel des bases semble indiqué. Après, évidemment, il va falloir que chacun accepte de faire preuve d’un peu d’altruisme et, osons le mot, d’intelligence. Moyennant quoi une bonne partie des soucis pourrait facilement être évitée. Prêts? En route!



1. Entrer sur l’autoroute

Une manœuvre a priori simple, mais qui dépend du fair-play

L’entrée sur l’autoroute semble poser beaucoup de problèmes aux usagers. Il suffirait pourtant d’un minimum de bon sens pour faciliter la manœuvre et diminuer le stress général. Cette photo illustre à elle seule le pourquoi de beaucoup de bouchons. Alors résumons: la voie d’accès A) sert à accélérer. Une fois arrivé au bout, vous vous insérez dans le trafic. Pour cela, tous ceux qui arrivent dans la «zone orange» B) anticipent! Et s’arrangent pour laisser, entre eux et le véhicule qui précède, l’espace suffisant pour laisser la place à un véhicule entrant. Ce qui permet de réaliser la fameuse manœuvre dite de la «fermeture éclair» C). Les quatre véhicules cerclés de rouge D), eux, expliquent la cause des ralentissements trop souvent constatés: en changeant de voie inopinément, ou au mauvais endroit, elles poussent celui qui les suit et celui dont elles prennent la place à freiner, parfois brutalement. Au mieux, cela entraîne l’effet d’«accordéon». Au pire, ça finit en touchette! Quant à la voie de dépassement E), vu la différence de vitesse, on ne s’y engage que s’il y a un espace clairement suffisant. Avec un minimum de civilité, ça fonctionne très bien.




2. Rouler sur l’autoroute

Respecter les distances de sécurité: cette base oubliée

Pour éviter les bouchons, on entend tout et n’importe quoi. Le plus fréquemment, on parle d’instaurer encore! une limitation de vitesse. Mais là encore, en se responsabilisant un peu, le conducteur lambda pourrait déjà faire des miracles. La règle de base? Respecter la distance de sécurité avec le véhicule qui vous précède. On n’est pas en F1, l’«aspi» ne sert à rien! «Coller» au pare-chocs de devant ne vous fera arriver plus vite que… chez le carrossier! Au contraire, conservez cette distance (de trois secondes). Elle vous permettra non seulement de faire face à un éventuel problème, mais aussi d’adapter votre vitesse aux conditions. Et donc de maintenir un flux de circulation, même ralenti, plutôt qu’un bouchon arrêté. Alors cessez de systématiquement «bondir» sur la place laissée libre entre deux voitures de la piste de dépassement si la file de droite ralentit! Vous n’arriverez pas plus vite, au contraire: vous ne ferez que renforcer le problème en obligeant tout le monde à freiner… pour recréer une distance de sécurité.



3. Les camions

Chicane mobile

Que celui qui n’y a jamais été confronté nous jette le premier amortisseur: un camion A, à 94 km/h, double un camion B à 92 km/h. Résultat, des kilomètres de ralentissement et des voitures qui s’«empilent» derrière. Interdire le dépassement aux poids lourds, sauf en descente, serait une idée.



4. Les crampons

B.A.-BA

Encore une règle de base trop souvent bafouée: si la voie de gauche s’appelle voie de dépassement, c’est parce qu’elle sert… à dépasser. Corollaire: une fois le dépassement effectué, on se rabat! Faire respecter cette règle éviterait aussi les «rois du monde» qui se pavanent sur la piste de gauche à 115 km/h…



5. Les «gadgets»

Scoop

A voir le peu de gens qui s’en servent, c’est un scoop! Alors on va peut-être vous apprendre un truc, mais rétroviseurs et clignotants sont compris dans le prix de base de votre auto. Essayez, vous verrez: ils sont très utiles. Alors n’hésitez pas à en user sans modération: c’est gratuit!


Vous voulez rouler mieux? Roulez plus malin!

Mauvaise nouvelle pour les rois du «moi d’abord»: rouler dans «votre» voiture et avoir payé «votre» vignette ne veut pas dire que l’autoroute est à vous! Que vous le vouliez ou non, vous allez devoir apprendre à faire avec «les autres». Stop, donc, aux abrutis qui sautent d’une piste à l’autre! Ou qui «prennent l’aspi» de la voiture qui précède, en espérant lui «mettre assez la pression» pour qu’elle se rabatte. Vous voulez rouler mieux? Roulez plus malin! Soyez zen, laissez entrer, attendez votre tour et, surtout, rabattez-vous une fois votre dépassement effectué.

Et puis, gardez le sourire! Rester sur la voie de dépassement, à 120 km/h, pour jouer au «shérif» est aussi idiot que coller celui de devant: ça énerve tout le monde!

Quant à vous, Messieurs de la maréchaussée, dont la «radarite aiguë» contribue au stress ambiant, traquez d’abord ceux qui doublent par la droite, traînent sur la voie de dépassement ou zigzaguent entre les files en «sautant» dans les espaces de distance de sécurité. Ça fera des vacances à ceux qui roulent à 124 km/h. Ce ne sont pas eux, les chauffards dangereux…


Philippe Clément

Dieselgate : Renault fraude depuis plus de 25 ans


Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan. © Reuters


«Des stratégies frauduleuses» ont été mises en place depuis plus de 25 ans au sein de Renault pour fausser les tests d'homologation de certains moteurs diesel et essence, soupçonne la Répression des fraudes.

Renault oppose un «démenti formel» aux soupçons de triche aux tests d'homologation de moteurs, a indiqué mercredi à l'AFP le numéro deux du groupe automobile français, Thierry Bolloré.

«Renault ne triche pas (...) Tous les véhicules ont été homologués conformément à la réglementation en vigueur», a affirmé M. Bolloré, directeur délégué à la compétitivité de l'entreprise, lors d'un entretien téléphonique.

Dans un rapport dont l'AFP a eu connaissance, le gendarme de Bercy suspecte le constructeur automobile d'avoir mis en place un logiciel «ayant pour objectif de fausser les résultats de tests antipollution» afin de respecter les normes réglementaires.

Vieilles pratiques

Ce document, dont Libération a révélé l'existence, se concentre sur des modèles récents, mais la Répression des fraudes, qui s'appuie sur le témoignage d'un ex-salarié, estime que certaines pratiques remontent à 1990.

«Plusieurs véhicules étaient équipés de dispositifs de détection de cycle» qui permettaient à la voiture de repérer si elle était en train de passer des tests d'homologation. Dans ce cas, l'électronique adaptait le fonctionnement du moteur pour que ce dernier émette moins de polluants, d'après cet ancien technicien qui a quitté le groupe en 1997.

La première génération de Clio, sortie en 1990, était concernée pour les moteurs essence, d'après lui. Le gendarme de Bercy estime que «l'ensemble de la chaîne de direction de la société qui rend compte en dernier ressort à son PDG Carlos Ghosn» est impliquée.

Information judiciaire ouverte

«Aucune délégation de pouvoir n'a été établie par M. Ghosn concernant l'approbation des stratégies de contrôle utilisées pour le fonctionnement des moteurs», relève notamment la Répression des fraudes qui conclut à «la responsabilité» du PDG du constructeur.

L'enquête de la Répression des fraudes se concentre sur les moteurs diesel Euro 5 et Euro 6, homologués à partir de septembre 2009. Ses conclusions, rendues en novembre, ont largement contribué à l'ouverture de l'information judiciaire le 12 janvier par le parquet de Paris visant Renault pour «tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués».

Plus tôt mercredi, Renault avait de nouveau affirmé «qu'aucun de ses services n'a enfreint les règles, européennes ou nationales, relatives à l'homologation des véhicules». «Les véhicules Renault ne sont pas équipés de logiciels de fraude aux dispositifs de dépollution», avait ajouté le constructeur.

AFP