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Les aides à la conduite rendent le trafic plus sûr


Les assistances de régulation de distance sont de plus en plus populaires, mais il existe bien d'autres aides à la conduite encore trop méconnues (archives)
© KEYSTONE/GAETAN BALLY



Seuls 10% des acheteurs de voitures connaissent suffisamment les nouveaux systèmes d'aide à la conduite. Or moniteurs d'auto-école, services de police et offices de circulation sont unanimes à dire que ces instruments rendraient le trafic plus sûr et plus confortable.

Tout le monde connaît l'assistance au freinage ou l'assistance au parcage. Mais il existe bien d'autres outils qui permettent de faciliter la vie des automobilistes, tels l'aide à la vision de nuit ou la détection de somnolence, indique jeudi l'Association transports et environnement (ATE).

Selon une enquête menée par l'ATE auprès des moniteurs d'auto-école, des offices de police et des services de la circulation, 90% des personnes interrogées de ces trois groupes jugent ces instruments utiles pour réduire les accidents. En outre, le développement du système d'aide à la conduite profitera également aux autres usagers de la route comme les piétons ou les cyclistes.

Il y a encore trop de scepticisme pour ce type de produit. Or les technologies automobiles permettent d'interpréter de multiples informations (clignements des yeux, mouvements, actionnement du signophile...) et de les combiner entre elles afin de d'avertir d'un danger potentiel.

Plusieurs sites donnent des informations sur les systèmes d'aide à la conduite (www.auto-sure.ch/fr/) et l'ATE a lancé une campagne sur le sujet. "Voiture sûre" est soutenue par le Fonds de sécurité routière (FSR), le Bureau de prévention des accidents (bpa) et le Deutscher Verkehrssicherheitsrat.


Il sera permis de devancer des véhicules par la droite


Devancer par la droite permettrait de désengorger le trafic (archives)
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Il devrait être permis de devancer une file de véhicules par la droite sur les autoroutes et les semi-autoroutes. L'interdiction de dépasser serait en revanche maintenue. Le Conseil fédéral soutient cette proposition de Thierry Burkart (PLR/AG).

Comme dépasser par la droite est actuellement sanctionné par le retrait du permis de conduire, de nombreux automobilistes s'abstiennent de devancer par la droite même lorsque le volume du trafic est dense, fait valoir le conseiller national dans une motion. Si le Parlement donne son aval, un projet pourrait être mis en consultation l'année prochaine.

Selon le PLR argovien, il faut distinguer clairement un devancement et un dépassement (contourner un véhicule pour se réinstaller dans la file), et autoriser le premier. Outre assurer la sécurité du droit, cela pourrait augmenter de 5 à 10% la capacité des routes nationales, qui absorbent plus de 43% du trafic individuel.

Sécurité

Le Conseil fédéral souscrit à cette motion. Les capacités autoroutières doivent être optimisées. La voie de droite doit mieux être utilisée. Le trafic est actuellement beaucoup plus dense sur la bande de gauche, a expliqué jeudi à l'ats le porte-parole de l'Office fédéral des routes Thomas Rohrbach.

Le TCS se range derrière la proposition de Thierry Burkart. La fondation RoadCross souhaite quant à elle des règles claires. Une insécurité du droit pourrait conduire à ce que l'on dépasse par la droite, ce qui devrait rester interdit.

Selon Thomas Rohrbach, la sécurité routière ne devrait pas pâtir de la nouvelle réglementation. Les conducteurs devancent déjà dans les faits par la droite aujourd'hui. Ils devront rester attentifs. La Suisse ferait oeuvre de pionner en autorisant de rouler plus vite à droite.

Le Tribunal fédéral se montre déjà souple dans l'application du droit. L'automobiliste qui devance par la droite à vitesse constante une file de véhicules sur la gauche, où la circulation est dense et plus lente, n'enfreint pas la loi. Il y a en outre déjà circulation en files parallèles lorsque les véhicules sur la voie rapide ne peuvent plus, en raison de la surcharge du trafic, circuler aussi rapidement que ceux qui se trouvent sur la voie de droite.

Bandes d'arrêt

Le gouvernement ne veut en revanche pas d'une procédure simplifiée pour la réaffectation des bandes d'arrêt d'urgence, comme la propose Christian Imark (UDC/SO).

Lorsqu'il s'agit d'une mesure locale de gestion du trafic sans gros travaux, une procédure d'approbation n'est pas nécessaire. Celle-ci se justifie en revanche dans les autres cas, la réaffectation nécessitant généralement d'autres travaux plus importants comme la mise en place de mesures de protection contre le bruit.

ATS